Le semi de Paris : un carnage !

Dans le cadre de ma préparation pour le marathon de Paris, je me suis inscrit avec l’accord de la coach, au semi-marathon de Paris qui est programmé 5 semaines avant la grande échéance.

Tous les voyants de la préparation au vert

À vrai dire, et même si je n’ai jamais couru plus de 20 kilomètres dans ma vie, je n’appréhende pas trop cette course. J’adore aller à Paris où j’ai vécu 16 ans, tout est prêt pour un week-end agréable en amoureux et toutes les dernières séances d’entrainement se sont bien passées. En effet, depuis quelques semaines, je sens que mes jambes et mon cœur sont plus forts et je commence même à emmagasiner un peu de confiance.

Le semi approchant, je revois mes objectifs de temps à la hausse : « Et si je visais le 2h15 ! »

Tout ne s’est pas déroulé comme prévu ! Surtout avant la course

Deux jours avant la course, ma meilleure amie nous a quittés après un long combat contre la maladie. Avec sa famille et ses proches nous l’avons accompagnée cette dernière semaine encore plus, jusqu’à la fin, vendredi soir.

Ma participation n’avait plus vraiment d’importance pour moi, mais tous m’ont demandé d’y aller pour elle. Elle tenait très fort à ce « Marathon des paris solidaires », dont elle était la secrétaire de l’association. Alors je suis parti seul à Paris samedi, les jambes lourdes d’avoir piétiné dans les couloirs de l’hôpital, mais surtout le cœur encore plus lourd de tristesse et de colère face à cette injustice.

Il fallait donc que je fasse cette course et que je lui rende hommage ainsi.

Le dimanche matin, je me rends sur la ligne de départ et je pars à la conquête de ces 21kms et de ces 2h15 ou 2h20. Très vite, je sens que mes jambes sont lourdes mais les 5 ou 10 premiers kilomètres permettent d’envisager atteindre l’objectif. Très régulièrement, la solitude me fait sortir de la course, me fait repenser à cette situation dramatique, mais je tiens l’allure.

Au 12e km, le cerveau lâche. Les jambes vont très vite faire de même !

Après la mi-course, je commence à m’arrêter sous prétexte d’une envie pressante, puis pour me ravitailler, puis pour boire, puis pour envoyer un SMS à ma femme. Bref, tout est devenu prétexte pour marcher. Un sentiment de honte me submerge alors. Je suis venu ici pour mon amie, pour lui rendre hommage et je fais n’importe quoi. À quoi bon ! Je continue tant bien que mal jusqu’au 15e kilomètre où je se sais que ma famille et des copains m’attendent. C’est décidé, j’abandonnerai là-bas et non prendrons le métro ensemble.

Mon groupe de supporters en or !

Entre le 13 et le 15e, ma femme m’envoie des messages car elle sait que je peux les lire sur ma montre. Elle m’encourage.

Je les vois enfin à l’horizon et je vais pouvoir arrêter cette comédie : je prétends courir un marathon dans 5 semaines et j’explose au bout de 12 kilomètres ; pour qui je me prends ? À ce moment là, je suis au somment de la honte et de la déception. Emilie, Marius et Lou-Anne me prennent dans leurs bras et j’explose en larmes. J’essaie tant bien que mal de leur baffouiller que c’est fini et que j’arrête qu’ils me disent « T’y retournes, Camille (ma filleule de 17 ans) va finir le semi avec toi ». Et la voilà partie.

Je la suis un peu mécaniquement et nous partons pour 6 kilomètres bien pénibles en alternant la marche et la course. Mon cerveau a pris le pouvoir et a décidé de me pourrir la vie. J’ai mal aux pieds, je suis triste et très vulgairement « j’en ai plein le cul ! »

J’exprime tout ça à Camille qui m’encourage encore et encore et me dit qu’au contraire je peux être fier de finir un semi dans de telles circonstances. Je commence à peine à accepter cette idée à l’instant où j’écris ce message (3 jours après la course) !

De plus en plus de supporters

Dans les 2 derniers kilomètres, la foule est de plus en plus dense même si le gros des participants a fini depuis bien longtemps. Les gens voient à mon visage (yeux rougis, traits tirés) que c’est dur. Ils lisent mon prénom sur le dossard et m’encouragent « Allez Cédric ! », « C’est bientôt la fin ! ». Ça fait du bien et ça m’incite à arrêter de marcher et à repartir en trottinant.

Camille, toujours à mes côtés, adore cette ambiance et continue de me parler. Encore merci. La voilà rejointe au niveau du dernier kilomètre par son père, avec une grosse pancarte « Allez Chouchou ! ». Je cours dorénavant avec deux soutiens et une pancarte au dessus de la tête. Tout le public m’encourage : « Allez Chouchou ! », « Courage Chouchou ! », « super Chouchou ! ». Sur le moment, je ne savoure pas à sa juste mesure ce qui se passe, toujours noyé dans mon chagrin, mes douleurs physiques et ce sentiment de moment gâché.

Tant bien que mal, je finis par franchir la ligne d’arrivée en levant les bras. Si vous regardez bien la vidéo, j’en profite pour envoyer un tendre bisou à mon amie.

Et maintenant ?

Maintenant, je me rends compte que j’ai un entourage formidable avec une famille et des amis en or. Je commence à accepter l’idée que ce n’était pas de ma faute si ce semi a tourné au fiasco. Je commence même à me dire que ce n’est pas forcément un fiasco. J’ai fini mon semi (comme c’est mon premier, j’ai même établi un record personnel 😉 !).

La coach m’a également rassuré en expliquant que je serai prêt pour le vrai challenge qui est LE marathon de Paris le 15 avril. Je lui fais confiance même si dimanche, j’aurais été bien incapable de refaire 21km après la course !

J’ai déjà repris mon plan d’entrainement, avec un footing de 45 minutes mardi et une séance plus rapide d’environ 1h15. Tout s’est plutôt bien passé et la longue course de dimanche n’a pas trop amoché mes jambes.

Le marathon des paris solidaires a encore plus de sens

Je vous rappelle que le marathon de Paris que je vais courir est l’occasion pour moi d’organiser un jeu de pronostic et de collecter des fonds pour les associations Rêves et Manche Leucémie (voir sur le site internet du marathon des paris solidaires). Ce jeu solidaire prend encore plus de sens depuis le décès de mon amie Sandrine. Elle était la trésorière de l’association et tenait fortement à ce projet.

N’hésitez pas à jouer ou à faire un don. D’avance merci.


Le semi de Paris en détail